Je suis fils d'enseignant: j'ai eu la problématique enseignante et la pédagogie à l'école et à la maison, en même temps, y compris la nuit. Je sais qu'un enseignant, pour le meilleur et pour le pire, ne peut rien faire d'autre - c'est sa fonction, c'est sa nature, c'est son but et c'est son droit - que de tout transformer en matériel pédagogique. Donc, en tant qu'auteur, je n'y peux rien. Ça me fait plaisir quand c'est intéressant de mon point de vue, ça m'ennuie quand c'est inintéressant de mon point de vue. Je ne demande qu'une chose, c'est que personne ne s'imagine que je fais des livres pédagogiques et que personne ne s'imagine que je suis au service de l'enseignement.
PONTI (Claude), L'école des lettres, n°4.
mercredi 3 juin 2009
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)

1 commentaires:
J'avais coché exactement les mêmes lignes dans le même texte... Remarquable, en effet. Il y a beaucoup à méditer sur un tel propos... Un des aspects compliqués, c'est je crois que Claude Ponti fait référence à une génération d'instituteurs qui est en train de s'éteindre... Aujourd'hui, je crains que beaucoup de nos jeunes collègues aient un peu peur, ou un peu de répugnance à enseigner, à se situer en position de maître... Et que les pratiques de la littérature jeunesse leur servent de prétexte à se défausser de leur tâche... Je me demande si parfois les instituteurs ne cherchent pas trop à ressembler à des bibliothécaires de section jeunesse... Si nous voulons bien entendre que l'auteur-illustrateur a raison de ne pas chercher à enseigner, nous devons souhaiter aussi que le professeur ne se transforme pas en présentateur-ouvreur de livres. Le professeur n'est pas le représentant de commerce de l'édition jeunesse... Il est au service de ses élèves, et de la langue.
Enregistrer un commentaire